Mes études de japonais en 2025
Normalement, lorsque je rédige quelque chose pour ce site web, c’est pour mettre à l’écrit, une distillation d’un état d’esprit qui me hante depuis un moment, au moins, c’est ma conclusion après avoir regardé les différents récits que j’ai publié ici. Cependant, cette fois, j’ai l’envie d’écrire plus directement sur ce qui se passe dans ma vie, sans parler de mon angoisse, mes émotions. J’aimerais faire le ménage. La dernière publication que j’ai soumise ici décrit toujours comment je ressens, ma perspective sur ma vie. J’ai très peu d’espoir pour le futur. Cependant, en restant lucide et consciente de ma dépression, mon regard envers la vie, permettez-moi d’entretenir la notion de planifier pour quelque chose et pour confronter les prochaines années avec une résolution qui me permettrai d’avoir le sentiment d’avoir bien fait tout ce que je peux pour profiter autant que possible du peu de temps qu’il me reste. Cela tombe bien vu que ces temps-ci, je suis dans un esprit 「前向き」 , il faudrait en profiter pour bâtir un plan. Dans ma dernière publication, j’ai décrit mon orientation envers mes études de japonais : « Je sais déjà que rien ne m'attend à la fin si je continue. Je continuerai. J’ai pas d’autres indices. ». Ainsi, dans ce post, je vais passer en revue l’année 2025 par rapport à mes études et essayer d’ériger quelques objectifs pour l’année. Je dois compter le début de 2026 comme ce post a été repoussé en raison de plusieurs évènements majeurs dans les derniers trois mois.
Dans l’ensemble, l’année a été plutôt un échec en ce qui concerne la réalisation de mes objectifs. J’ai commencé forte, en maintenant un pas raisonnable de la première semaine jusqu’au 17ème, mais autour de printemps, j’ai eu une petite crise d’identité qui m’a poussé à mettre le japonais complètement à côté pendant presque tout l’été. Je ne vais pas rentrer dans les détails ici, cela nécessiterait une publication à part, mais il suffit de dire que je commençais à devenir très préoccupée par le fait que j’ai été en train de passer environ vingt heures de ma vie chaque semaine à étudier, sans parler à personne autre que ma copine. J’ai très peu sorti pour faire des choses avec mes amis, je ne me sensais pas en vie. Il fallait un changement profond.
J’ai temporairement mis le japonais à côté pour explorer la vie un peu. Je pense que cela valait la peine ; les changements que j’ai apporté à la façon dont je me conduis socialement m’ont permis d’avoir une vie qui me rapproche davantage à la bonheur occasionnel. Pourtant, cette exploration de la vie m’a coûté énormément dans mon progrès pour apprendre le japonais. Bien que ma vie été plus équilibrée, j’avançais très peu. L’incohérence de mon désir de m’améliorer en japonais et de tisser des meilleures relations interpersonnelles, de ressentir plus en vie, de profiter de ma jeunesse me tracassait l’esprit.
Bien que pendant un moment, je faisait aucun progrès, je savais que j’allais visiter le japon en fin d’été. Jusqu’à là, je me suis surtout concentrée sur mes compétences en conversation. J’ai pas mal fait aucun effort pour parler avant 2025. Ce n’étais pas fait exprès, j’avais juste très peu de raison pour ce faire. Ma motivation principale pour apprendre le japonais demeurait la lecture ; la conversation était pour moi, une activité que je pourrais tout simplement ignorer afin de faciliter ma réussite. Cependant, le fait que j’allais voyager dans le pays m’a donné un élan de me lancer dans un effort de commencer à parler avec des gens. J’ai également fait un peu de réflexion sur ce que m’a aidé à apprendre le français ; c’était surtout la combinaison de lire, de regarder des divers médias en français, et de synthétiser mes connaissances « théorétiques » en parlant la langue. Je suis devenue plus proche au français en le parlant ; et par conséquence je me suis dit que je pourrais avoir du succès en incorporant la pratique de parler dans ma vie.
Comme avec le français, cela m’a pris beaucoup de temps pour me sentir à l’aise et de construire des phrases basiques, mais au fil du temps, je suis arrivée à un point où j’étais en mesure de m’exprimer. Certes, en faisant plusieurs fautes, avec une grammaire basique et avec un langage peu naturel, mais j’ai pu communiquer. J’ai aussi fait des connaissances avec deux individus au Japon, et j’ai fait des plans pour les visiter.
En juillet, j’ai encore pris une pause pour planifier le voyage. Encore du temps perdu dans un sens, mais j’avais planifié un plan minimaliste pour me permettre d’avoir une vrai aventure. J’ai voyagé seule, justement car je voulais surtout éviter toute occasion qui engendrait une discussion en anglais ou en français. Pour la grande majorité de la voyage, ce fut le cas. Les seules exceptions étaient ma randonnée sur le mont Fuji, ainsi qu’une discussion que j’ai eu avec une femme déplaisante dans un bar lesbien à Fukuoka. En fait, j’étais très préoccupée par l’idée que les gens changeraient en anglais lorsqu’on m’adressait, mais c’était guère le cas. Personne était vraiment conversationnelle en anglais ; que j’étais en mesure de faire vraiment tout ce que j’avais besoin de faire en japonais, cela a empêché presque toute interaction dans une langue autre que le japonais. J’ai fréquenté des bars sans étrangers, j’ai rencontré des gens et j’ai discuté avec eux pendant des heures. C’est vrai que j’avais des limites en termes du type de sujet que je pouvais aborder. Ma capacité de discuter de la politique était très basique, et des conversations plus sérieuses sur des sujets plus compliquées étaient hors mon zone de confort (je me souviens d’un moment quand j’ai parlé avec deux hommes à Yamanakako de l’histoire de la deuxième guerre mondiale, comment j’ai été un peu perdue, à peine capable de contribuer). Il y avait d’autres problèmes avec mon niveau : bien que la communication venait facilement, la lecture de certaines affiches basiques demeurait difficile parfois, et je n’ai pas été capable de lire plusieurs plaques, ou descriptions de lieux historiques avec un bon niveau de compréhension.
Je ne vais pas parler du voyage au complet, mais il suffit de dire que j’ai été touchée par la gentillesse des gens que j’ai rencontré, cela me donnait l’impression que cela valait la peine d’avoir fait tant d’effort dans les années précédentes. J’ai aussi été confrontée par une manque de facteur de choc (culturel?), similaire à ce que j’avais lorsque j’ai débarqué à Montréal pour la première fois. Bien que j’ai aimé le Japon, j’avoue que le tout semblait très, très familier. J’ai seulement eu quelques journées pendant lesquelles je m’apercevais en train de ruminer sur la différence entre ma culture et celle du Japon. Je pense que c’est largement lié au fait d’avoir passé tellement de temps avec la langue. J’ai pas eu le même sentiment de ne pas comprendre ce qui m’entourait que j’avais en arrivant à Montréal. Bien que je me sentais comme une étrangère. À la fin, j’étais convaincue que j’aurais aimé y vivre au lieu de visiter. Les connaissances que j’ai eu étaient très furtives. Je voulais passer plus de temps avec les gens que j’ai rencontré.
En revenant, j’ai été submergée par le travail. Je voulais me remettre aux études, mais mes semaines ont été remplies d’heures supplémentaires, je vivais comme une キャリアウーマン. Je me suis inscrite pour prendre le N2 afin de me redonner un cible à atteindre (cela a été sur ma liste pour l’année), et j’avais l’intention de vraiment préparer en révisant le grammaire avant de passer l’examen, mais un projet au travail m’a enlevé le temps libre qu’il me fallait pour ce faire. Autour de ce moment, ma vie personnelle est devenue de plus en plus compliquée, voir douloureux. Je suis arrivée au jour de l’examen sans avoir beaucoup préparé ; j’ai été épuisée. J’ai fait mon mieux et je suis partie avec le sentiment d’avoir échoué, comme j’avais l’année précédente (j’étais ambitieuse et je voulais passer dans une année).
En décembre, j’ai également mis les études à côté, j’ai pas progressé. En janvier, j’ai planifié pour changer les choses, mais ma vie personnelle continuait de prendre le dessus sur mes études (bien que le travail était moins demandant). J’ai cependant eu un petit élan lorsque j’ai eu la nouvelle que j’ai passé mon test N2. Pas avec la meilleure note (référence B1), mais j’ai passé, et j’ai été très heureuse d’avoir une sorte de confirmation que j’ai fait assez de progrès dans l’année 2025, malgré les nombreux détours et objectifs échoués. J’ai passé une bon deux ans sur le japonais avant de le prendre (+ quelques mois de répétition de cartes Anki avant 2023), et cela m’a donné un peu de confirmation que tout ce que j’ai fait n’était pas pour rien, que j’ai réussi à passer une épreuve complètement déconnecté de mon travail, de mes études formelles, de mon projet d’immigration. L’apprentissage du français était une première réussite, mais cette fois, j’ai vraiment aperçu les fruits d’un effort solitaire et sérieux sans aucune autre motivation que l’amour.
Comme presque tout le monde ces temps-ci, je traque mes heures de façon méthodologique. J’ai passé environ 842 heures l’année passé sur mes études, par rapport à un objectif de 1383, affichant un écart de 542 heures, ou dix heures par semaine. C’est loin dans mes souvenirs maintenant, mais au fin de l’année, en regardant cette évidence, j’ai été plutôt découragé, mais j’ai également eu des très bons moments pendant l’année. Mon meilleur souvenir c’est d’avoir terminé こゝろ par 夏目漱石, un livre qui fut très important pour moi dans ma jeunesse. Le livre n’a pas été bien traduit en anglais ; en lisant l’original, mon estime pour le roman s’est apprécié considérablement. Comme j’ai dit dans un commentaire sur un site sur Neocities, lors de ma lecture, j’ai pu davantage apprécier la perspective de Sensei, tandis que quand j’étais plus jeune, je me voyais seulement dans le narrateur. Le Japon et les conversations que j’ai eu là-bas restent également des points forts, certaines de ces dernières demeureront brûlées dans mes souvenirs jusqu’à ma mort.
Comme mentionné, cette année, j’ai construit des objectifs assez ambitieux pour retrouver un pas plus accéléré ; ce que je n’ai pas pu réaliser et que je ne pourrais pas réaliser avec les derniers trois mois que je viens de passer. Une rupture d’une relation à très longue terme et le déménagement par la suite a volé presque tout mes temps. Je peux dire sans faute qu’il s’agit de l’une des plus pires périodes de ma vie. Malgré cela, je viens de compléter le déménagement, et à partir de cette semaine, je me remets. Je viens de faire un calcul rapide, si je prends seulement les 35 semaines qu’il me reste, avec un objectif de 26 heures par semaine, j’étudierais à peu près 900 heures pendant l’année. Cela me semble raisonnable étant les circonstances, surtout si je garde un bon niveau de concentration au lieu d’avoir davantage de périodes lentes.
En termes d’objectifs plus concrets, j’aimerais continuer à parler plus avec des gens, de lire les nouvelles (que j’ai ignoré jusqu’à maintenant, ce que m’empêchait de comprendre plusieurs choses lorsque j’ai été au Japon), de regarder plus de vidéos sur YouTube au lieu de passer tout mes temps à regarder des drames, et de lire encore plus). Je finirai par passer en revue plus de grammaire. Ayant moins d’obligations interpersonnelles, je pense que j’ai plus de chances à avoir du succès. Il me faut du succès cette année : si j’obtienne la citoyenneté, je pense sérieusement à passer quelques années au Japon pour perfectionner, et cela, dès que possible. Je ne pense pas que je serai en mesure de passer le N1 avec le temps qu’il me reste, mais je ne suis pas pressée, je vais probablement laisser cela pour l’année prochaine.
Afin de promouvoir la réussite, j’ai l’intention de mettre à jour continuellement une page web avec mon progrès chaque mois. J’ai fait une exercice similaire dans un tchat de groupe l’année passée, mais je le fréquente plus, et de toute façon, c’est plus pour moi que d’autres gens. Cela me donne également une bonne raison pour mettre à jour mon site web. Je ferai un mis à jour en juin.