in Leisure, the Sonorous Dream
Je ne pensais pas que j’écrirais quelque chose de ce genre à nouveau.
Après une pause de 7 ans, j’ai décidé d’expérimenter à nouveau avec des psychédéliques. Il se peut que cette fascination est revenue avec mon intérêt cursif et éloigné envers des barbituriques et des dépresseurs cet hiver passé ; j’avais lu sur leur histoire et utilisation, puis par la suite sur les substances qui altèrent la conscience humaine. Cela me faisait revenir et lire sur les psychédéliques. Mes expériences avec le LSD demeurent les plus importants de ma vie. J’ai écrit là-dessus sur ce site-web par le passé, mon expérience de mort d’égo, et les délusions psychotiques que j’ai vécu lors d’un voyage à l’age de 19 ans. J’ai prêté serment à moi même de ne jamais reprendre le LSD—que j’avais compris les messages principales de l’expérience psychédélique : comme l’énonce d’Alan Watts « Quand vous recevez le message, raccrochez le téléphone », j’ai décidé de passer à vivre et de garder l’expérience cher à moi même pour toujours, de ne pas oublier ce que j’ai vécu.
Cependant, ces temps-ci, je cherche désespéramment de vivre et de sortir de ma bulle. Comme décrit (de façon détourné), dans un article sur ce site l’année passée, cela provient d’un désespoir général par rapport à la fin de ma jeunesse, une manque de réelle direction, une envie de ressentir quelque chose. L’année passée, j’ai été surtout tourné vers des nouvelles rencontres, une vie libertine, fêtarde ; cette année, cette orientation commençais à perdre un peu son lustre, mais mes goûts pour une vie extrême et sur le bord des limites de la raison n’ont pas changés. À mes yeux, certaines substances avaient donc, une allure, et ma manque de limites personnelles m’a permis de percer la barrière que j’avais mis pour protéger ma santé mentale il y quelques ans.
Je ne vais pas rentrer dans les détails de tout ce que j’ai fait, et mes impressions envers le tout, je crois que certains trucs essayés étaient peu intéressants ; des amusements transitoires dangereux qui n’ajoutent pas beaucoup à l’expérience humaine et que je n’avais pas aucune envie de mieux connaître. Le seul mention que j’ai à faire autre que le sujet principal de cet article serait l’MDMA, l’une des plus belles molécules que j’ai jamais connue ; je crois fortement dans son potentiel à changer profondément la société. Dans mon cas, il m’a redonné un certain amour propre, une sensation de rajeunissement, un espace mental que je n’ai pas retrouvé depuis au moins 8 ans maintenant. Cela fut profond est important, mais ce n’est pas le sujet de cet article.
Ayant une certaine inclinaison pour goûter à nouveau l’expérience psychédélique sans risquer perdre ma tête, le 2C-B était la conclusion évidente. Réputé pour son espace mentale « moins sérieuse » et « à moindre risque pour provoquer la dissolution d’égo », il me semblait comme la seule vraie option si je voulais revivre une telle expérience. Un psychédélique presque entièrement sensoriel, qui n’est pas propice à la création des pensées difficiles me semblait comme idyllique.
Sans trop tergiverser, voici un petit compte-rendu de mon voyage. Le dose aurait été autour de 19mg. J’ai pris avec une très bonne amie sur la montagne : nous sommes assises sur un banc, et attendait le début. Le commencement était léger, pas trop brusque comme le LSD, et avec une sensation corporelle distinctive qui rendait la marche difficile. Sur le banc, je me suis rendue compte que la piste piétonne à côté s’éloignait de plus en plus, et que ma perception de distance est devenue profondément altérée. Les couleurs autour de nous devenait plus prononcés, les motifs formés par l’herbe et les arbres qui nous entouraient brouillés et entrelacés.
Nous baladions sur le grand chemin qui mène jusqu’au sommet de la montagne, nous apercevions la lumière autour de nous. Pour moi, tout était très blanc, radieux. Nous sommes arrêtées dans un champs ; une marmotte était assise, en train de marcher quelque chose au millieu. Mon amie s’est approchée d’elle, à quelques mètres de près. Accroupie, j’écoutais à une chanson du Grateful Dead sur mon lecteur MP3 et autour de moi, le champs, rempli de fleurs sauvages blancs, commençait à s’étendre à l’infini. L’angoisse m’a rattrapé autour de ce moment ; et les pensées psychédéliques, paranoïaques, commençaient légèrement à manier mon cerveau. J’ai passé par une disque en pierre :
PAS LOIN D’ICI CHARLES ET MOI ON S’ÉTAIT CHICANÉ
MOI, J’AIME TOUJOURS ÇA VENIR SUR LA MONTAGNE. ÇA ME FAIT DU BIEN
TOUTE LA VIE
LE ROCHER
UNE PLUIE FINE
AH! UNE PERCÉE DE SOLEIL. JE TE L’AVAIS DIT. NON? ON FAIT LE GRAND TOUR
J’ai été saisie par la paranoïe. J’ai fuit.
Consciente d’une certaine folie qui venait de me gripper, plutôt que d’avoir peur, je me suis laissé faire emporter légèrement par des pensées déambulatoires, mon amie est moi se sont assises sur une petite falaise, les couleurs vibrants mais blanchis du forêt oscillant autour de nous. Nous avons continué à marcher dans le forêt ; toute piste que l’on prenait permettait d’accéder à un autre monde, comme un portail dans des milliers de rêves effrayants et doux. Il s’agissait d’un rêve, un rêve sonore.
Nous marchions sur le trottoir d’un banlieue qui longeait la montagne, passant par des maisons de l’haut bourgeoisie. Paranoïde de la réaction des autres envers mon comportement gauche et exagéré, les maisons que nous passions semblaient comme des forteresses immenses prêts pour des batailles avec la société qui les entourait. « Je comprends que la plupart sont vides » disait mon amie. Nous rentrions à nouveau dans le forêt après mon supplication que nous quittons aussitôt que possible.
Marchant vers le sommet, mes pensées commençait à courir, et l’angoisse devenait plus présente, or j’arrivais toujours à me recentrer en tenant la main de mon amie et en observant la société que l’on a passé, rempli de personnes curieuses, détendues, souriantes. Il y avait des foules de touristes passant par nous, parlant des langues inconnus, ce fut comme le monde entier est rassemblé pour voyager avec nous sur la montagne, qui est devenue comme une grande fourmilière qui s’élevait dans le ciel. À chaque tour, nous voyions un petit peu la ville par les ouvertures dans les arbres. Je vérifiais l’heure sans cesse, vignt minutes passaient comme une heure.
Faisant le grand tour, nous sommes arrivées au sommet, sur le flanc nord. Le soleil commençait à coucher. Passant par un belvédère, nous arivions à percevoir le coucher du soleil au complet, qui prenait le ciel au comme une immense balle de flammes. Sur un monument érigé à côté, nous apercevions :
L'unique étoile que nous ayons en partage, te rend le monde visible, te donne l'ombre où renaître
Un homme qui approchait cet endroit au même moment que nous nous a interpellé, il tenait un caméscope. « Parlez-vous le français ? Vous voyez la signification des mots ? Cela veut dire... » il nous a dit. Bien que j’ai compris son explication au sens des mots, je n’ai pas pu comprendre le contenu, nous nous interrogions s’il n’était pas en train de voyager en même temps. Tournant vers la belvédère à nouveau, nous regardions le soleil, et la vallée au dessous qui était la ville dans laquelle nous vivons. Les immeubles s’étendaient vers l’infini sur l’horizon. Nous continuions.
Nous sommes arrivées à une autre belvédère, sous le crépuscule infini. Les cheveux de mon amie sont devenus rouge, comme était teints. Sur un escalier, des dizaines nous passaient, avec des chiens ou des enfants. Des touristes, des amis qui se sont assemblés pour expérimenter le même moment. J’étais prise de l’idée qu’il fallait que je fasse attention de ne pas sembler trop dérangée d’esprit. Je demandais de bouger périodiquement. Nous sommes finalement arrivées à un autre belvédère, isolée ; nous sommes assises là-bas pendant une heure, mais en réalité dix minutes. Je voyais un avion qui passait quelques millimètres par seconde, et légèrement, la nuit est tombée. Dans ce moment, nous avons constaté les lumières des immeubles en train de s’allumer, un par un. J’ai pensé aux habitants de chaque logement, en train de se préparer à dormir, je voyais le rythme de la société qui nous entourait à l’œil près. Deux voyageurs sont venus au même endroit. « Est-ce que ces sont des vrais rochers ? », disait-un, l’autre « je suis vraiment gelée ». Sur un rocher en face de nous, nous voyions un lapin qui sautait par ici et par là. Mon ami a approché la falaise, mais elle est arrêtée lorsqu’elle a compris que ce n’était pas une piste, et que nous risquions de se faire blesser moralement si on continuait. Le rythme des tam-tams se faisait entendre là, et presque partout lors de notre descente, bien que j’ai été convaincue que ce n’était pas du tout possible étant notre distance de l’évènement.
Nous sommes quittées après que le soleil est couché, et, marchant dans le bois, une foule de lucioles nous entourait, clignotant, comme des étoiles filantes, laissant derrière elles des traces incurvées. « Est-ce que les lucioles sont là en réalité ? Je n’ai jamais constaté autant ici, bien que je passe assez souvent », disait mon ami. J’ai répondu « Elles ont toujours été là, mais je crois que cette expérience nous permet de mieux les voir et les apprécier ». Elle insistait qu’il faudrait retourner pour confirmer leur existence. « Je suis en extase, tu ne peux pas imaginer », rajoutait elle. Nous sommes embrassées pendant un moment, et par la suite continuait sur notre chemin.
Descendant directement le montagne à ce stade. Nous voyions les arbres, étant allumés par la ville, mais rien d’autre. Leurs ombres menaçantes et traçant les bois de l’autre côté du chemin. « C’est dramatique, presque effrayant, on y ressens un vrai pouvoir ». « Dramatique… dramatique »… Le mot donnait une sensation froide. Nous continuions, voyant une groupe avec des lampes à torche. Leurs ombres dansaient derrière chacun. « On dirait des acteurs, ou des pions, des marionnettes nous montrant la route » commentait mon ami.
Sortant du bois, nous sommes rendues où nous avons commencé, et descendant à un autre niveau, nous sommes approchées les tam-tams. Au cours des dernières années, je les avait constatés à l’arrière plan d’une centaine de soirées, mais je ne les avait jamais approché. Tenue débout à côté, je regardais leurs mains, qui flottait dans l’air avant de retomber sur les tambours. Je voyais l’affect dans leurs visages, le rythme, je ressentais un amour et paix en regardant cette groupe qui est assemblée dans ce lieux sacré pour créer des sons, dans lesquels on pouvait trouver une sorte de communauté.
Cela m’a fait penser à un ami d’enfance que je n’avais pas revu depuis très longtemps, il m’avait déjà parlé plusieurs fois de cet évènement. En marchant avec mon amie vers son appartement, j’ai remarqué le temps qui a passé depuis que j’ai vu ce dernier J’ai pensé à d’autres amis, un psychonaute que j’ai connu à l’époque de mes autres expérimentations. À des amants, à des gens très loin dans ma mémoire, à ma famille. Puis pour la première fois dans plusieurs, voir au moins quatre, j’ai ressenti un immense amour pour ma vie, la chance que j’ai eu de vivre dans ce moment, de connaître toutes ces personnes, et comment je devrais tenir à cœur les relations que j’ai eu et que je tenais dans ce moment. J’ai pensé à appeler mes parents pour exprimer comment je les aime, de réparer mes relations. Les pensées mélancoliques des dernières années perdaient tout poids. J’ai assumé un amour profond pour tout l’univers. Ce fut comme je suis arrivée à déficeler des nœuds qui m’étranglait pendant des années.
Nous sommes rentrées chez elle, et heureusement, je comprenais que j’allais retourner dans un état mental sain, ayant la peur toute au longue de cette expérience que les quelques délusions et la pensée désorganisée que j’ai eu n’allaient pas dissiper. Lors de la descente vers la réalité, allongée sur son lit, j’ai pensé à comment nous pouvons changer, comment tout ce que nous définissons pour nous mêmes, qui nous sommes, comment nous pouvons se comporter et exister, n’est pas fixe, il est malléable, et dans nos âmes, il y a un énorme potentiel de transformation, si nous le souhaitons.